Isabelle Mirri Architecte d'intérieur

Anselme

Rénovation de bureaux dans un appartement haussmannien, Paris

Lieu
Paris
Type
Bureaux d'entreprise
Mission
Couleurs, lumières et accrochage
Photos
13
Salle de réunion dans un appartement haussmannien : plafond peint en vert céladon, grande suspension plissée blanche, table de bois clair, deux fenêtres à garde-corps ouvragés donnant sur la rue et tableau abstrait aux tons or et turquoise

« Rénovation de bureaux situés dans un grand appartement haussmannien. Pour ce projet, j'ai proposé d'animer les espaces de passage et la salle de réunion, initialement un peu austères, en introduisant de la couleur et quelques points d'intérêt : plafond coloré dans la salle de réunion, luminaires originaux, papier peint, accrochage de tableaux dans les très longs couloirs… »

Isabelle Mirri, description du projet

Des bureaux dans un décor fait pour autre chose

Installer une entreprise dans un appartement haussmannien, c'est hériter d'un décor somptueux et d'un problème : rien n'y a été dessiné pour le travail. Les pièces en enfilade, les très longs couloirs, les moulures et les hauteurs sous plafond impressionnent au premier passage, puis deviennent un fond austère où toutes les journées se ressemblent.

Le parti pris n'a pas été de neutraliser ce décor sous du blanc et des cloisons, mais de le prendre comme base et de l'animer. Les boiseries et les arches restent. La couleur, les luminaires et les images viennent par-dessus, exactement aux endroits où les yeux se posent dans une journée de travail : le plafond de la salle de réunion, les murs des couloirs, les seuils entre les pièces.

Salle de réunion vue en enfilade : parquet point de Hongrie, table de bois clair et fauteuils de bureau noirs, plafond vert céladon et arche jaune moutarde ouvrant sur la pièce voisine
La salle de réunion, et l'arche vers la pièce voisine.
Arche de passage peinte en jaune moutarde dans toute son épaisseur, ouvrant sur une pièce au soubassement gris anthracite où est accrochée une applique étoilée dorée
L'arche, peinte dans son épaisseur.

Un plafond céladon plutôt qu'un mur d'écrans

La salle de réunion est la pièce que tout le monde traverse, clients compris. Elle avait les deux fenêtres, le parquet et les proportions ; il lui manquait une raison d'être regardée. Cette raison est venue d'en haut : le plafond peint en vert céladon, corniche comprise, qui descend légèrement sur les murs et enveloppe la pièce sans l'assombrir.

Sous ce plafond, une suspension plissée en forme de soucoupe, un tableau aux tons d'or et de turquoise entre les deux fenêtres, une grande table de bois clair et des rideaux au tissage chiné. Aucun meuble de direction, aucun écran au mur : la pièce reste meublée comme une salle à manger, et c'est précisément ce qui la rend accueillante.

Le même vocabulaire se retrouve dans les pièces de travail : soubassements peints en gris profond, appliques étoilées, une banquette de velours rose posée contre les boiseries.

Poste de travail près de la fenêtre : table de bois clair, chaise de bureau noire, radiateur en fonte sous la fenêtre à garde-corps et tableau abstrait aux tons or et turquoise au mur
Un poste de travail, côté rue.
Angle d'une pièce de travail : soubassement de boiseries peint en gris anthracite, banquette de velours rose à piètement de métal noir et applique étoilée dorée en hauteur sur le mur blanc
Le soubassement gris, et la banquette de velours.
Trio d'appliques de laiton à globes de verre facetté et strié sur un mur blanc, au-dessus d'un soubassement de boiseries gris anthracite, à côté d'une photographie de paysage encadrée
Les appliques, posées comme une constellation.
Détail des rideaux au tissage chiné beige et taupe sur leur tringle noire à œillets, sous la corniche du plafond peint en vert céladon
Le tissage chiné des rideaux, sous le céladon.

Les couloirs, traités comme des galeries

Les très longs couloirs sont la plaie des grands appartements transformés en bureaux : des mètres de circulation sans rien à y faire. Ici ils sont devenus le geste le plus fort du projet. Les murs sont peints en terracotta profond au-dessus d'un soubassement clair, et une collection de cartes de vignobles encadrées y est accrochée en enfilade, chacune éclairée par une applique à ampoule nue.

L'effet est double. De jour, le couloir est une galerie qu'on traverse en ralentissant. Le soir, les ampoules allumées sur le mur sombre en font presque un lieu, celui où l'on s'attarde à la fin d'une réunion. C'est le meilleur exemple de la logique du projet : aucune cloison déplacée, aucun mètre carré gagné, et pourtant l'endroit a changé d'usage. L'avant/après parle de lui-même.

Le couloir avant : murs clairs sans décor, tuyaux apparents le long du plafond et de la plinthe, enfilade de portes et parquet ancien filant vers une porte sombre au fond
Avant : des mètres de passage, sans rien à y faire.
Le couloir après : murs terracotta profond, cartes de vignobles encadrées de noir accrochées en enfilade, chacune éclairée par une applique à ampoule nue, soubassement clair conservé
Après : le même couloir, devenu galerie.

Un panneau de papier peint, cadré comme un tableau

Dernier point d'intérêt : un papier peint à vases fleuris sur fond terracotta, posé en panneau dans un encadrement de bois peint en vert sombre, au milieu des boiseries blanches. Il ne couvre pas la pièce, il y est accroché, comme une œuvre. Devant, une grappe de suspensions de verre soufflé, fumé et ambré, descend du plafond.

C'est une recette économe qui vaut pour n'importe quels bureaux installés dans de l'ancien : quelques gestes précis, placés là où tout le monde passe, plutôt qu'une rénovation générale qui aurait effacé ce que l'adresse a d'unique.

Panneau de papier peint à vases fleuris sur fond terracotta dans un encadrement vert sombre, au milieu de boiseries blanches, avec au premier plan trois suspensions de verre soufflé fumé et ambré à godrons torsadés
Le panneau de papier peint, et les suspensions de verre.
Porte à moulures peinte en gris vert ouverte sur le panneau de papier peint à vases fleuris, vu depuis la pièce voisine aux boiseries claires
Le même panneau, aperçu depuis la pièce voisine.
Planche d'ambiance des bureaux : pastille de laiton doré, panneau beige, soubassement anthracite à moulures, papier peint à vases fleuris sur fond terracotta, velours rouille, parquet en bâtons rompus et suspension étoilée chromée

La planche d'ambiance

Les bureaux, en sept matières

Le laiton des luminaires, le beige des murs, l'anthracite mouluré des soubassements, le papier peint à vases fleuris, le velours rouille de la banquette, le parquet en bâtons rompus, et une suspension étoilée.

La planche dit la recette du projet : un fond haussmannien beige et anthracite, et trois accents qui font tout, le terracotta, le velours, le laiton.

  • Laiton des luminaires
  • Beige des murs
  • Soubassement anthracite mouluré
  • Papier peint à vases fleuris
  • Velours rouille de la banquette
  • Parquet en bâtons rompus
  • Suspension étoilée

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