Isabelle Mirri Architecte d'intérieur

Spécialité

Rénover un appartement haussmannien à Paris

Ces appartements ont deux visages. D'un côté un décor qu'on ne sait plus fabriquer : moulures, parquets, cheminées, hauteur sous plafond. De l'autre des plans dessinés pour une vie qui n'est plus la nôtre, avec des chambres de bonne, des cuisines reléguées au fond et des salles d'eau ajoutées après coup. Rénover, ici, c'est arbitrer entre les deux.

Cheminée de marbre blanc sculptée d'une coquille dans un appartement haussmannien parisien, surmontée d'un trumeau doré et d'une collection de verreries anciennes

Ce qu'on garde, ce qu'on change

La première conversation d'un chantier haussmannien porte rarement sur les couleurs. Elle porte sur ce qu'on conserve. Un appartement dont on efface le décor perd ce qui justifiait son prix ; un appartement où l'on ne touche à rien reste inconfortable. La ligne de partage se décide pièce par pièce, et elle se décide tôt.

Ce qui se garde presque toujours

  • Les moulures et les corniches. Elles se restaurent et se repeignent. Les refaire à l'identique coûte cher, les supprimer se voit pour toujours.
  • Le parquet à point de Hongrie. Il se ponce, se répare lame par lame, et se reteinte. C'est souvent le plus bel élément de l'appartement.
  • Les cheminées de marbre. Même condamnées, elles tiennent la pièce. Elles donnent un centre à un salon qui n'en a plus.
  • La hauteur sous plafond. Elle interdit les faux plafonds sur toute la surface, mais elle autorise des rangements toute hauteur que personne d'autre ne peut se permettre.

Ce qui demande à changer

  • Le plan. Cuisine fermée au fond du couloir, chambres en enfilade, entrée sacrifiée : c'est là que se gagne le confort, bien plus que dans la décoration.
  • L'électricité et la plomberie. Dans beaucoup d'appartements, elles datent et conditionnent tout le reste du chantier.
  • Les rangements. Ces appartements en ont peu, et ils ne supportent pas les meubles standards : les murs ne sont pas droits et les hauteurs ne correspondent à rien du commerce.
  • Les salles d'eau. Souvent ajoutées après coup, mal placées, et limitées par l'endroit où passent les colonnes.
Salon haussmannien aux fenêtres à espagnolette ouvertes sur un garde-corps en fonte, corniche moulurée et parquet à point de Hongrie
Fenêtres à espagnolette, garde-corps en fonte, corniche et point de Hongrie : le décor d'origine, conservé.
Large ouverture sans porte reliant une pièce de vie à la cuisine dans un appartement haussmannien, sous une corniche sculptée conservée
Une ouverture qui relie la cuisine à la pièce de vie, sans toucher au décor du plafond.

Les contraintes qu'on découvre en chantier

Les murs ne sont pas droits et les sols ne sont pas de niveau. C'est la règle, pas l'exception. Un meuble acheté en magasin laisse un jour de deux centimètres contre le mur ; un meuble dessiné pour l'endroit ne le laisse pas. C'est la vraie raison pour laquelle on fait du sur-mesure dans l'ancien, avant même le goût.

Tout n'est pas porteur, et tout n'est pas ouvrable. Dans un immeuble haussmannien, les murs de refend descendent jusqu'aux fondations. Percer l'un d'eux est possible, mais cela relève de l'étude de structure et de l'autorisation de la copropriété. Beaucoup de cloisons secondaires, en revanche, tombent sans difficulté.

Les réseaux passent où ils peuvent. Déplacer un point d'eau dépend de l'endroit où descendent les colonnes et de la pente disponible pour l'évacuation. C'est la contrainte qui déplace le plus souvent une salle d'eau d'une pièce à l'autre.

La copropriété a son mot à dire. Repeindre, changer un sol, refaire une cuisine : en général sans autorisation. Toucher à un mur porteur, modifier une fenêtre ou l'aspect extérieur, déplacer une colonne : l'assemblée générale doit se prononcer, et son calendrier n'est pas le vôtre. C'est le point que je regarde en premier lors de la visite, parce qu'il pèse sur le planning bien plus que sur le budget.

Comment se déroule une mission

  1. La visite

    Je viens voir le lieu, je relève, je mesure, et j'écoute comment vous y vivez. Je repère aussi ce qui va coincer : les murs à ne pas toucher, les colonnes, la copropriété.

  2. Le plan

    C'est là que se gagne le confort. On déplace les usages avant de déplacer les murs, et on ne touche à la structure que quand il n'y a pas d'autre solution.

  3. Le dossier

    Plans d'agencement, planche d'ambiance, vues en trois dimensions, dessins des meubles sur mesure. De quoi faire chiffrer les entreprises et vous projeter avant les travaux.

  4. Le chantier

    Je peux consulter les entreprises, coordonner les artisans et suivre jusqu'à la livraison, ou vous laisser la main. Le périmètre se décide ensemble.

Le détail des trois formules, avec ce qui est inclus et ce qui ne l'est pas, est sur la page des tarifs.

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