Mélisande
Rénovation d'un duplex ancien à Paris 17e
- Lieu
- Paris 17e
- Mission
- Conception, plans et sur-mesure
- Sur deux niveaux
- Salon, cuisine, chambre, salle d'eau
- Photos
- 17
« Un duplex charmant avec poutres et tommettes dans le 17ème arrondissement de Paris. La petite cuisine décorée dans un esprit campagne a été aérée par l'ajout d'une verrière ; les tommettes d'origine confrontées à des zelliges aux couleurs chaudes lui donnent toute sa personnalité. Une grande bibliothèque conçue pour abriter trésors et souvenirs de voyage a pris place sur le mur du fond du salon. À l'étage inférieur, la chambre est séparée de la salle de bain et du dressing par une cloison vitrée sur mesure. Par les fenêtres, on aperçoit une glycine … »
Isabelle Mirri, description du projet
Trois demandes, posées d'entrée
La propriétaire venait d'acheter ce petit duplex parisien et savait précisément ce qu'elle attendait des travaux. Elle l'a écrit en trois points : une bibliothèque assez grande pour ses livres et ses objets, mais qui ne rétrécisse pas le salon ; une petite cuisine à la fois chaleureuse et pratique ; et un espace chambre et salle d'eau séparé sans être cloisonné, avec un vrai dressing.
Chacune de ces trois demandes contient sa propre contradiction. Ranger sans encombrer. Cuisiner à l'aise dans une pièce étroite. Séparer sans fermer. C'est exactement le travail d'un architecte d'intérieur : tenir les deux bouts au lieu d'en sacrifier un.
Le duplex apportait sa propre difficulté. Les poutres sombres, les tommettes d'origine et l'escalier intérieur font tout son caractère, mais ils pèsent aussi sur le volume. Rien de ce qui a été ajouté ne devait alourdir davantage.
Une bibliothèque qui agrandit le salon au lieu de le remplir
Elle occupe tout le mur du fond, du sol jusque sous les poutres. Le dessin est un damier irrégulier : des cases de toutes tailles, aucune alignée sur sa voisine, et des portes pleines en partie basse pour ce qui ne se montre pas. Les livres, les carnets de voyage, les petites sculptures et les cadres trouvent chacun leur case sans que l'ensemble devienne un mur de rangement.
Le choix du blanc n'est pas décoratif, il est structurel. Peinte dans la même teinte que le mur, la bibliothèque se fond dedans : c'est ce qui lui permet d'être immense sans se voir. Sa cliente l'a résumé mieux que nous : elle « réalise le tour de force d'agrandir l'espace tout en atténuant la forte présence des poutres du plafond et de l'escalier intérieur ».
Esquisse
L'esquisse
La bibliothèque, dessinée case par case
Le damier de cases inégales, les portes pleines en partie basse, la place exacte sous les poutres : tout est arbitré sur le dessin, case par case, avant la fabrication.
Une petite cuisine, agrandie de deux façons
La première tient à la lumière. La cuisine était fermée et sombre ; une verrière à châssis noir a été ouverte dans la cloison qui la sépare de l'entrée. Le mur porte toujours, la pièce reste une pièce, mais le jour la traverse et le regard passe d'un espace à l'autre. Sur un plan étroit, c'est souvent la seule ouverture possible.
La seconde tient au centimètre. Sur l'un des côtés, les meubles ne font que 40 cm de profondeur au lieu des 60 habituels. Vingt centimètres rendus au passage, sur toute la longueur : c'est ce qui permet de circuler à deux dans la cuisine. Les rangements perdus sont repris en hauteur, par des colonnes et des étagères sur mesure.
Le reste est une affaire de matières. Les tommettes hexagonales d'origine ont été conservées et confrontées à des zelliges aux bruns chauds, posés en verticale jusque sous les meubles hauts. Un plan de travail en bois massif, des façades blanches à cadre, des poignées noires : le côté campagne est tenu par les matériaux, pas par les accessoires.
Séparer la chambre de la salle d'eau, sans la cloisonner
À l'étage inférieur, la demande était formulée en creux : séparé, mais pas cloisonné. Monter un mur aurait donné deux pièces sombres. Ne rien faire aurait donné une chambre ouverte sur une douche.
La réponse est une cloison vitrée sur mesure qui monte jusqu'au plafond, avec des impostes fixes au-dessus. Elle marque la limite, tient l'intimité, et laisse passer la lumière de la fenêtre de la salle d'eau jusque dans la chambre. On voit qu'on change de pièce ; on ne se retrouve jamais dans le noir.
Le dressing est traité de la même manière, au centimètre près : 35 cm de profondeur, des portes lisses à poignées de cuir, sur toute la hauteur. C'est moins qu'un dressing standard, et c'est ce qui permet qu'il existe. Au sol, des carreaux hexagonaux gris prolongent le motif des tommettes de l'étage au-dessus.
★★★★★
« J'avais trois exigences (…) Isabelle a répondu à toutes ces exigences et plus encore. La bibliothèque est devenue un atout majeur du salon et lui apporte une touche très déco. Elle s'insère sur le mur du fond et réalise le tour de force d'agrandir l'espace tout en atténuant la forte présence des poutres du plafond et de l'escalier intérieur. »
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