Zéphyrine
Rénovation d'une maison de campagne en Normandie
- Lieu
- Saint-Aubin-sur-Gaillon, Eure
- Mission
- Rénovation et décoration
- Pièces
- Cuisine, séjour, chambres, salles d'eau
- Photos
- 13
« Pour ce projet, j'ai utilisé une palette de couleurs subtiles, des solutions simples et du mobilier chiné pour conserver l'esprit campagne souhaité. »
Isabelle Mirri, description du projet
Une maison qu'il ne fallait pas transformer en maison de ville
Une maison de campagne pose un problème que les appartements ne posent pas : elle a déjà un caractère, et ce caractère est fragile. Les murs de pierre, les colombages, les poutres et les tomettes font tout son prix. Le premier réflexe, en rénovation, est de les lisser. Le second est d'en rajouter et de basculer dans le décor rustique.
Aucune des deux voies n'a été prise ici. Le bâti ancien est resté apparent partout où il l'était, sans être souligné. Ce qui a été ajouté est contemporain et simple : un garde-corps de métal noir sur la mezzanine, des menuiseries peintes dans des verts et des gris éteints, une verrière au-dessus du piano de cuisson. Rien qui imite l'ancien.
Le reste tient au mobilier. Il est chiné : chaises bistrot, commodes anciennes, lampes dépareillées, un piano à queue. Une maison meublée d'un seul coup se voit tout de suite. Celle-ci a l'air d'avoir été remplie petit à petit, ce qui est précisément l'effet cherché.
Esquisse
L'esquisse
Les placards du séjour, autour de la cheminée
De part et d'autre de la cheminée, les placards toute hauteur épousent le pignon. Le dessin règle les proportions des portes et la place de chaque usage avant la fabrication.
La cuisine, là où tout se joue dans une maison de campagne
C'est la pièce où la maison se décide, et celle où le pastiche guette le plus. La solution retenue est un mélange assumé. Les meubles sont en chêne cérusé, à panneaux moulurés, c'est-à-dire franchement traditionnels. La crédence est un carrelage gris mat très ordinaire. Et au-dessus du piano de cuisson noir, la hotte est habillée d'une verrière d'atelier vert sombre, qui n'a rien de champêtre.
La couleur arrive par deux étagères rouges, une simple planche et un petit meuble à tableau noir, accrochés au mur nu. Deux objets rouges suffisent à réchauffer une pièce entièrement beige : c'est le genre de calcul qui ne se voit pas une fois la pièce finie.
Au sol, des carreaux de ciment à motif d'étoiles rouges, grises et blanches. Ils sont le seul élément spectaculaire de la pièce, et ils sont en bas, là où ils ne concurrencent rien.
Quatre chambres, quatre atmosphères, un même vocabulaire
Les chambres sont traitées avec le même petit nombre d'éléments, recombinés. Un lit habillé de blanc, une couleur froide posée dessus, un meuble ancien et une seule pièce forte par pièce.
Dans l'une, cette pièce forte est un papier peint panoramique en noir et blanc, une forêt d'arbres dessinés au trait qui couvre le mur de tête de lit et se prolonge derrière une porte peinte en vert de gris. Dans une autre, c'est un lit de fer forgé ancien sous la charpente, avec une étagère à crochets pour tout mobilier de chevet. Dans la chambre principale, c'est une tête de lit cintrée en lin et un tapis berbère aux tons fanés.
Le velours vert d'eau revient d'un lit à l'autre, en couvre-lit. C'est ce genre de rappel discret qui fait qu'une maison meublée de trouvailles ne ressemble pas à une brocante.
Des salles d'eau qui n'ont pas l'air neuves
C'est la pièce qui trahit le plus vite une rénovation. Ici, chacune est construite autour d'une pièce ancienne, ou de ce qui en a l'air : un lavabo sur colonne en céramique sous un miroir à fronton, une paire de vasques encastrées dans un plan de bois sous deux miroirs ronds à cadre patiné.
Le reste est délibérément banal, et c'est ce qui fait tenir l'ensemble : un lambris peint en gris à mi-hauteur, des appliques de verre en forme de coquille, un meuble bas repeint dans le même gris, un sol en damier de terre cuite. Aucun matériau rare, aucune robinetterie remarquable.
Ces pièces ne cherchent pas à impressionner. Elles cherchent à avoir toujours été là.
La planche d'ambiance
Le grand séjour, en six matières
Une planche pour une seule pièce, échantillonnée sur une seule photo : le séjour cathédrale. Le vert de gris des placards, la tomette, le lin des canapés, le crème de la cheminée, le calcaire du mur, et le bois foncé du piano.
Posées côte à côte, on voit pourquoi la pièce tient : quatre matières douces, une pierre qui structure, et un seul bois sombre qui ancre tout le reste.
- Vert de gris des menuiseries
- Tomette ancienne
- Lin naturel des canapés
- Crème de la cheminée
- Pierre calcaire apparente
- Bois foncé du piano
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